Essais et Actualités

  • La bataille judiciaire est sortie des prétoires, elle se joue désormais aussi bien dans l'arène médiatique que sur les réseaux sociaux : il s'agit souvent de gagner l'opinion publique à sa cause, plus que de convaincre le juge. Les ténors du barreau n'hésitent plus, pour certains, à fouler aux pieds le secret de l'instruction ou la présomption d'innocence. Les plus courtisés par la presse, entraînés par des communicants chevronnés, vont jusqu'à divulguer les procès verbaux pour contrer la partie adverse, empêcher un non-lieu ou peser sur le travail des magistrats. Le jeu est risqué. Quelques-uns s'y sont brûlé les ailes.

    Dans un monde où la communication est devenue une arme de destruction massive capable d'infléchir le cours d'un procès, les grands fauves du barreau aiguisent leurs griffes et rugissent d'autant plus fort.

    Au terme d'une longue enquête au coeur des palais de justice et dans les coulisses des cabinets, Valérie de Senneville et Isabelle Horlans ont mis au jour les stratégies, les méthodes et les secrets des plus illustres avocats, tels Éric Dupond- Moretti, David Koubbi, Jean Veil, Georges Kiejman ou encore Henri Leclerc.

  • Recordman des acquittements aux assises, Éric Dupond-Moretti aurait un peu trop tendance, selon ses détracteurs, à faire relaxer tous ses clients. Il nous montre ici que la Justice, elle, à une réelle propension à condamner tous ceux qui paraissent devant elle.
    À travers le récit de plusieurs affaires criminelles dans lesquelles il est intervenu, traitées comme des thrillers dans des chapitres coups de poing, il dénonce les imperfections d'un système qui respecte de moins en moins les droits de la défense.
    Oubli délibéré de la présomption d'innocence, comme si juger consistait surtout à prouver la culpabilité... Écoutes tous azimuts, atteinte non justifiée à la vie privée... Communications intempestives à la presse qui influencent le public et sans doute les jurés... Ruses procédurales qui tordent le cou au déroulement équitable du procès... S'ensuit une guerre de plus en plus dure entre la magistrature et les avocats qui en ont assez d'être traités à leur tour comme des suspects. Sans compter tous les citoyens sans peur et sans reproche qui croyaient jusqu'ici qu'il suffisait, face à un tribunal, d'avoir la conscience tranquille...

  • Non, Éric Dupond-Moretti n'est pas fasciné par le mal mais défend autant la présomption d'innocence que le droit à une juste peine. Non, il n'est pas l'ennemi des magistrats, mais il s'interroge sur l'absence de notion d'humanité dans leur serment, qui figure pourtant dans celui des avocats. Non, il n'est pas contre l'État, mais il est souvent révolté par le fonctionnement de la justice. Ses anecdotes et souvenirs racontent les petits arrangements, les influences et les pièges qui peuvent biaiser un verdict. Le portrait d'un système implacable qui tolère à peine la défense, même quand il s'agit d'éviter les plus grosses erreurs judiciaires.

  • Certains ont été blessés, violentés.
    D'autres ont volé, tué, séquestré. Victimes ou coupables supposés, les voici au tribunal. Pour les plus vulnérables comme pour les plus frustes, c'est l'un des seuls lieux où la parole leur soit donnée. Du récit cocasse de sa première plaidoirie à celui, poignant, d'un accident mortel dont le responsable traverse l'enfer avant de connaître la rédemption, Maître Mô, avocat au barreau de Lille, met en lumière des hommes, des femmes et des enfants confrontés à la justice.
    Un père de famille accusé d'avoir assassiné sa femme avec la complicité de son meilleur ami, les tortures que fait subir un couple à un sans-abri, une petite fille abusée par le compagnon de sa mère... Au guet-apens retrace l'éprouvant chemin jusqu'au jugement et au verdict, prévisible... ou pas.

  • Le 27 février 2000, Suzanne Viguier disparaît. Son mari, Jacques Viguier, devient rapidement le suspect n°1 : tout, dans sa conduite totalement erratique et silencieuse, ses faux-pas et ses maladresses, l'accuse. Il sera pourtant acquitté après deux procès d'assises, riches en coups de théâtre. Duels d'avocats, témoins incohérents, manoeuvres policières, exagérations médiatiques, Stéphane Durand-Souffland démonte ici les rouages d'une machine judiciaire qui n'est rien moins qu'infaillible. Et nous raconte comment on «fabrique» un coupable.

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  • Comme un romanLe 27 février 2000, Suzanne Viguier disparaît à Toulouse. Les soupçons de la police se portent rapidement sur son mari, professeur agrégé de droit public. Celui-ci sera acquitté à deux reprises par des cours d'assises, en 2009 et 2010.En réalité, Jacques Viguier a été jugé non tant pour les faits qui lui étaient reprochés qu'en fonction de sa personnalité fantasmée par les protagonistes de l'affaire, notamment le commissaire de police et l'amant de sa femme. Sa conduite totalement erratique - on pense, entre autres, au matelas de Suzanne qu'il va jeter le 8 mars 2000 sans raison apparente -, son obstination à ne jamais fournir ce qu'on attend de lui pour prouver son innocence, en font un personnage extrêmement intriguant. Brillantissime face à ses étudiants, il se révèle terne, voire nul, dans la vie quotidienne. L'amant et le policier sont également des personnages riches, en ce sens que l'un et l'autre veulent avoir le dessus, coûte que coûte, face au brillant universitaire, comme s'ils étaient obsédés par un complexe d'infériorité sociale. Enfin, le mystère perdure sur le destin de Suzanne Viguier.Une autre affaire offre un écho troublant : en 1946, la grand-mère de Suzanne Viguier a été assassinée. Son mari a été accusé du crime. Il a été incarcéré avant de bénéficier d'un non-lieu (pas de procès, donc). Un matelas figurait aussi parmi les pièces à conviction.

  • Tous les grands procès d'assises connaissent un moment précis où tout bascule : revirement d'un témoin, aveux inattendus d'un accusé, plaidoirie passionnée d'un avocat... Stéphane Durand-Souffland restitue l'atmosphère intense des prétoires confinés et décortique quatorze grandes affaires judiciaires, dont la disparition de Suzanne Viguier, le procès d'Yvan Colonna et le scandale d'Outreau.

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